Christine Lewicki – Activer sa zone de génie

« Je n’ai pas appris à être sur scène, je sais que plus je me donne la permission d’être moi-même, plus j’ai d’impact, donc j’enlève toutes les limites, tous ces moments où j’aurais envie peut-être de jouer un rôle, le rôle de la conférencière. En fait, c’est juste un travail de libération, d’enlever toutes ces tendances que nous pouvons avoir à jouer des rôles ou à essayer d’être conformes à ce que nous pensons que les autres attendent de nous.  Au contraire, juste se dire : « J’y vais avec mon cœur et on verra bien ! » Parfois j’ai peur d’être un peu grossière mais quelqu’un m’a dit que je pouvais être grossière parce que j’ai de la classe ailleurs. Jurer en robe, ça marche très bien !

Tu as écris un premier livre qui s’appelle J’arrête de râler ! Tu as fait passer un vrai message, d’abord à nous, peuple français, roi des râleurs, c’était vraiment bien trouvé. Tu as sorti un autre livre qui s’appelle Wake up, pour arrêter de vivre sa vie à moitié endormi. Alors Christine, tu as envie de réveiller le peuple français ?

Je ne sais si j’ai envie de réveiller le peuple français, mais mes livres tracent beaucoup de mon propre cheminement. Je me suis rendu compte qu’arrêter de râler, c’est finalement le début de toute démarche de développement personnel. Arrêter de râler, ça veut dire, arrêter d’être victime, ça veut dire choisir que, lorsqu’on on se lève le matin, quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne, on ne sera victime de rien, ni personne. Quand on commence à se positionner dans la vie en disant : « Ok, il va y avoir des frustrations, ok, il y a peut-être des gens qui ne vont pas faire ce que j’attends d’eux, ils vont faires des choses que je n’ai pas envie qu’ils fassent, mais quoi qu’il arrive, je refuse de me mettre dans la situation de la victime. » Prendre conscience que nous nous mettons nous-mêmes dans la situation de la victime.

Nous pensons qu’en accusant les autres, nous exerçons notre pouvoir mais en fait nous donnons notre pouvoir aux « coupables » et nous nous mettons nous-mêmes dans le fauteuil de la victime. Ce fauteuil  est parfois un peu royal, parce que finalement si l’autre a tort, c’est à lui de régler le problème, pas à nous, pauvres victimes. Si nous choisissons que nous ne sommes victimes de rien, tout un coup tout devient possible, il y a plein de possibilités qui s’ouvrent à nous. Le problème quand on accède à toutes ces possibilités qui s’ouvrent à nous et qu’on ne voyait pas avant, c’est qu’on se retrouve confronté à toutes nos limites intérieures. Ce n’est plus les limites de l’extérieur et des autres mais c’est celles que nous avons à l’intérieur de nous, c’est notre voix rabat-joie qui nous tire vers le bas, ce sont nos croyances, ce sont ces moments où nous nous disons : « N’importe quoi, pour qui tu te prends, comment peux-tu oser prétendre que tu peux avoir le moindre impact… ? » Toutes ces croyances limitatives qui nous empêchent d’activer pleinement qui nous sommes. Wake up dresse les 4 principes fondamentaux pour arrêter de vivre sa vie à moitié endormi et nous montre, finalement, comment se délecter de toutes les possibilités que la vie nous offre.  

Dans ce livre, tu abordes toutes les zones qu’on peut explorer : la zone d’incompétence, de compétence, d’excellence et de génie et tu parles de cette zone de confort qui finalement est une zone de médiocrité. Mais bien souvent on peut stagner très confortablement dans sa zone d’excellence. Peut-on se dire médiocre dans sa zone d’excellence ?

C’est différent ! La zone d’incompétence, c’est quand on s’assigne des tâches que quelqu’un ferait mieux que nous. Je me rends compte que, encore maintenant, je peux très vite avoir tendance à essayer d’être la super woman qui va tout mener de front. Du coup, je passe trop de temps et d’énergie à essayer de faire des choses qui sont de l’ordre de ma zone d’incompétence. On s’en sort, on arrive à un résultat un peu près potable, mais quel gâchis de toute cette énergie et tout ce temps qui n’est pas consacré à autre chose. Après il y a la zone de compétence, on fait des choses que quelqu’un d’autre ferait aussi bien que nous. C’est en général la zone dans laquelle on est coincé par des diplômes, une expérience professionnelle, on se dit : « Je dois rester dans cette zone de compétence, je n’ai pas le choix, c’est lié à mon diplôme, à mon CV, c’est dans la lignée royale de mon CV. »

Il y a ensuite la zone d’excellence. Tout le monde ne navigue pas dans cette zone,  uniquement ceux qui ont compris comment le système fonctionne, et qui du coup arrivent à créer du résultat et peut-être dépassent les attentes des autres. Dans la zone d’excellence, on est souvent bien payé, on a de la reconnaissance extérieure, on est bien vu et souvent on est dépendant de cette réussite. Le problème de cette zone d’excellence se manifeste quand des personnes se réveillent un jour, en disant : « Ok, je gagne bien ma vie, j’ai une belle voiture, je pars en vacances, je suis vu par mon conjoint ou ma famille comme quelqu’un qui a bien réussi. » Mais ces gens se sont se levés un matin, en disant : « A quoi bon ? Je ne peux pas faire ça encore pendant 10 ans ! »  Comme s’il y avait toute une partie d’eux-mêmes qui mourrait à l’intérieur. Il y a une perte de sens. Ce sont des gens qui ont été excellents, conformes à ce qu’on attendait d’eux et qui ne se sont pas donné la permission d’être pleinement eux-mêmes, d’agir sur ce en quoi ils croient, d’activer leur talent et d’aligner leur vie.

C’est là où la zone de génie arrive, c’est ce moment où nous arrivons à aligner notre vie avec qui nous sommes  vraiment. C’est ce moment où nous nous donnons la permission d’être nous-mêmes, où nous nous donnons la permission d’activer nos talents, souvent très imparfaits. Véritable malentendu : nous pensons que notre brillance doit être parfaite, en fait, pas du tout. Notre brillance est souvent imparfaite parce qu’elle est rouillée, on ne s’est pas donné la permission de s’en servir depuis des années. La zone de génie c’est ce moment où on va oser agir selon nos valeurs, nos convictions, on va oser se dire : « Ce que je pense, ce qui émerge en moi, mes idées, mon point de vue, c’est important et peut-être que ça mérite que je crée du changement autour de moi, dans mon environnement professionnel, dans mon environnement familial, à l’échelle de mon village, dans ma ville, dans ma communauté, que je devienne acteur du changement ».

C’est ce que j’appelle  devenir entrepreneur du nouveau monde. Ces  zones d’incompétence, de compétence, d’excellence et de génie sont des concepts de Gay Hendricks : il explique que juste avant de passer dans notre zone de génie, ce que j’appelle notre zone de brillance, on est confronté à notre upper limit et la upper limit c’est ce moment où on se sabote. Ce qui est intéressant, c’est de prendre conscience qu’au moment où on s’apprête à basculer dans notre zone de génie, au moment où on s’apprête à oser être nous-mêmes, on se prépare, on se dit : « Allez j’y vais, j’arrête d’être conforme à ce que les autres attendent de moi, je vais oser agir selon mes convictions, je vais osez aligner ma vie avec ce dont j’ai vraiment envie. » On se lève le matin et là, on se dit : « Mais qui suis-je pour oser prétendre que je peux faire ça, il y en a d’autres qui l’ont fait avant moi, mieux que moi, pourquoi m’embêter à essayer de faire ces choses-là… ? » Parfois, on est tellement terrorisé par ces questions-là qu’on se sabote et souvent de manière inconsciente. On peut développer des allergies, avoir un accident de voiture, ou se disputer avec un membre de notre famille, du coup on crée une magnifique diversion, qui fait que l’on n’est pas obligé d’être confronté à notre croyance limitative et d’accoucher de notre nouvelle version de nous-mêmes.

Je prends le mot accouchement parce que c’est douloureux, mais c’est pour une libération créatrice. Tu parles d’ailleurs d’activer cette zone de génie et de devenir brillant aux yeux du monde et de lui apporter notre propre brillance. Le monde en a besoin, ne pas le faire est un vrai gâchis, c’est un devoir finalement de se révéler au monde et d’apporter sa pépite. C’est tellement dommage de passer à côté de ça parce que finalement c’est là où on se régale, c’est là où on s’exprime, c’est là où on crée de la valeur.

Retrouvez toute l’actualité de Christine Lewicki sur www.jarretederaler.com et recevez gratuitement le KIT J’arrete de raler.

Pour recevoir des informations sur ses prochains seminaires Wake-up: http://www.christinelewicki.com/wake-up/

Propos recueillis par : Myriam Morisseau, REZOZEN.com

Crédits photo : REZOZEN.com

La vie est une expérience, BLISS YOU.

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