Réintégrer sa féminité sacrée

De plus-en-plus de femmes sont aujourd’hui confrontées à des problèmes en lien avec leur féminité : qu’il s’agisse de troubles gynécologiques, d’une difficulté à mener une sexualité épanouissante ou encore de trouver l’équilibre entre tous les rôles qu’elles doivent assumer au quotidien, être une femme au 21ème siècle peut, sous certains aspects, s’approcher davantage de l’épreuve et de la lutte que d’un état serein et naturel.

 

La nature étant si bien faite, il n’est pas logique que nous connaissions tous et toutes une ou plusieurs femmes se plaignant de troubles attachés à la féminité : retards de règles, douleurs menstruelles, syndrome prémenstruel, ménopause difficile, kystes, fibromes et j’en passe, la liste semble sans fin.

 

Qu’est-il arrivé à la femme ?

Les temps évoluent. Même si ce n’est malheureusement toujours pas le cas dans certains pays, la femme est globalement passée du rôle exclusif de mère et d’épouse, à celui d’un être multi facettes pouvant à la fois s’épanouir au sein de la sphère familiale, mais également rayonner sur un aspect beaucoup plus personnel et autocentré : elle peut étudier, mener une carrière qui lui plaît, se marier ou non, enfanter ou non. Elle a le choix et la capacité de devenir qui elle veut et de porter toutes les casquettes qui lui plaisent.

La femme n’a plus « besoin » d’un homme. Elle « choisit » de partager sa vie avec lui. La société lui permettant de gagner elle-même sa vie, les rôles ont été redistribués et son honneur, ses droits, ses défis ou ses pensées ne sont plus sous tutelle d’une figure masculine toute-puissante.

Cette émancipation du statut de la femme s’est instaurée dans beaucoup de luttes, et la plupart des droits qui lui ont été accordés ont été davantage revendiqués que naturellement reconnus. Il a fallu attendre que des lois lui accordent le droit de prendre une contraception ou encore d’avorter librement, des victoires arrachées dans la douleur et encore sujettes à débats dans certains milieux.

La femme s’est donc construite avec cette carapace de guerrière, les armes à la main. La guerrière qui dans sa vie de tous les jours doit composer avec son besoin d’exister pour elle-même, et ceux d’un foyer dont elle est souvent le pilier émotionnel et organisationnel. Elle est sans cesse dans une quête d’équilibre, devant se battre contre certains préjugés, parfois même se limiter dans l’expression de sa féminité pour réussir à s’imposer dans des milieux masculins. En fait, on attend d’une femme l’excellence, comme s’il fallait qu’elle prouve qu’il lui est possible d’assumer cette émancipation.

 

Femme forte et enfermement émotionnel

Je trouve désastreuse cette image de la « femme forte » prônée et véhiculée à tout-va. « Bats-toi ma fille, sois indépendante, ne dois rien à personne, ne dépends de personne », voilà ce que l’on nous apprend.

Or, cela entre en totale contradiction avec l’énergie de créativité attachée à la féminité. Avec la féminité dans ce qu’elle a de plus sacré.

La femme est avant tout la source de la vie. Le terme de « matrice », que l’on emploie souvent pour désigner l’utérus, illustre magnifiquement ceci : selon le contexte il désigne l’organe, mais aussi plus largement l’endroit où les choses se forment, prennent racine, se moulent, se construisent en bref.

La femme est en connexion directe avec la Terre. Comme cette dernière, elle est régie par des cycles et ce, qu’elle soit encore réglée ou non. Comme cette dernière, elle est avant tout douceur, émotion, spontanéité, tranquillité. Elle peut tout construire, matérialiser. Elle peut réunir, inventer. Créer. Mais pour pouvoir réaliser ceci, il faut qu’elle puisse s’exprimer librement. Il faut qu’elle s’accepte, qu’elle crée du lien avec ses émotions, qu’elle prenne le temps de se regarder. Sinon, tout comme la Terre, elle peut tout détruire. Se détruire.

Comment peut-on se révéler dans toute cette douceur, lorsque l’on cherche en permanence à revendiquer. Revendiquer sa force, son indépendance, son auto-suffisance. Aller au bout de ses forces pour être une bonne mère, une bonne épouse, une bonne employée ou chef d’entreprise. Etre submergée par toutes ces obligations sans prendre le temps de s’arrêter un peu sur soi, ses émotions, ses vrais besoins. Combien de femmes sont fatiguées de tout ça, de leur quotidien, et choisissent parfois totalement inconsciemment de se replier sur elles-mêmes et de vivre leur vie tels des automates.

Elles n’osent plus exprimer leurs émotions, que ce soit dans la sphère familiale ou professionnelle. Elles n’ont plus le temps de s’arrêter sur les changements qui se produisent en elles chaque mois ou à différentes périodes charnières de leur vie comme la puberté, la maternité, la ménopause ou parfois l’ablation des organes reproducteurs. Ainsi, elles perdent la connexion à cette énergie sacrée, et le corps s’exprime par les moyens qu’il trouve, rendant difficiles tout ce qui est lié à la féminité.

 

Accepter sa vulnérabilité

Alors mesdames, rendez les armes. Etre une femme ce n’est pas lutter ou tenter de se donner une apparence de perfection et de maîtrise. Ce n’est pas être performante partout et à tout prix.

La femme s’épanouit lorsqu’elle vit en accord avec toutes ces énergies, ces émotions qui la traversent. Lorsqu’elle pose des mots sur ses maux, qu’elle sait demander de l’aide et s’apporter à elle-même l’accueil nécessaire à son épanouissement. Lorsqu’elle crée du lien avec ce corps parfaitement imparfait qui la véhiculera jusqu’à son dernier souffle, et qu’elle apprend à comprendre comment vivre en harmonie avec tous ces chamboulements qu’elle vit au cours de sa vie. Quand elle accepte de perdre le contrôle et de ne plus prétendre être toute-puissante pour s’ouvrir à quelque chose de plus instinctif, de plus naturel. Quelque chose d’authentique.

Lorsqu’elle accepte ses baisses d’énergie et ses humeurs comme un moyen de mieux se connaître, de s’arrêter un peu sur elle, de faire le point sur ce qui lui convient ou non et de s’apporter la douceur et le respect qu’elle mérite.

Et c’est dans cette authenticité qu’elle peut se relier à sa féminité sacrée. Et en retour elle recevra davantage de force, d’amour, d’idées qui lui permettront de réinventer, dessiner sa vie.

En retour, elle pourra entrer en lien avec les autres de manière beaucoup plus fluide, vraie, le coeur ouvert. On ne peut pas accueillir un autre totalement quand on rejette une partie de soi. On ne peut pas lui reprocher de ne pas nous regarder, quand on ignore soi-même une composante de ce que l’on est.

 

La femme forte, c’est dépassé. Celle qui serait capable de tout gérer et tout affronter sans même une égratignure.

Nos filles n’ont pas besoin qu’on leur dise d’être fortes. Mais plutôt qu’elles ont le droit, pour ne pas dire le devoir, d’exprimer librement qui elles sont, ce qui les met en joie mais aussi en peine. Ce qui les fâche ou les comble. Le droit de dire qu’elles ont besoin de tendresse, de douceur, d’être regardées et épaulées. Le droit de poser leurs limites physiques, mentales et émotionnelles.

Tout comme nous parlons du repos du guerrier, transmettons à nos mères, nos soeurs et nos filles que les guerrières aussi ont le droit de se reposer. Il est temps de faire place à la femme, sans autre qualificatif. Celle qui n’a plus rien à prouver et qui se laisse exister telle qu’elle est.

 

Angella Jaber, Retrouvez la sur https://pranacanal.com/

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